Les Anciens

Un poto-mitan

Nous travaillons sur le terrain de la « tradition orale ». Aussi nous est-il impossible de passer sous silence l'importance et le rôle de ce personnage qu'est l'Ancien.

 

L'Ancien est le poto-mitan de notre tradition culturelle. La Martinique se doit d'être fière de lui, tout comme l'Afrique l'est de son griot. L'Ancien, personnage issu du milieu populaire, est celui ou celle dont la mémoire, la sagesse, le savoir-faire, la compétence, témoignent de la richesse historique et artistique de son peuple.

 

Les témoignages que les Anciens nous portent, dès lors que nous avons su gagner et conserver leur estime, loin de se contre dire les uns les autres, nous permettent de reconstituer le grand puzzle historico-culturel de notre pays. Ils nous permettent aussi de nous situer par rapport à des données culturelles de d'autres peuples voisins ou lointains, liés par l'histoire. C'est un personnage repère au sein de la tradition orale.

 

A la lumière de cela, on comprend aisément la nécessité du respect et de la considération vis-à-vis de l'Ancien. Le respect se traduit par la volonté et l'attitude d'apprentissage, l'écoute  ; en somme, par une relation de maître à élève. Il va s'en dire que les attitudes purement pédagogiques n'excluent pas les attitudes humaines tout court.

 

L'Ancien n'est pas un mythe. C'est une réalité humaine. C'est une personne. Chaque Ancien, pris à part, a ses forces et ses faiblesses, ses qualités et ses défauts. Il est porteur des contradictions de la société martiniquaise et les relations avec lui peuvent être sujettes à tel ou tel aléa. On comprend donc que toute attitude démagogique est à bannir. A côté de cela, il convient de considérer la communauté des Anciens comme une véritable institution, le grand conservatoire, la source principale et incontournable pour la découverte du savoir DKB.