Swaré et moman kalennda-bèlè

La Swaré Kalennda-Bèlè

 

Dans la société traditionnelle, elles étaient l'espace de vie privilégié sinon unique du kalennda-bèlè. En ce temps-là, on parlait de won bèlè. Elles avaient un intérêt culturel mais aussi économique. Durant les années 60-70, elles furent sur le point de disparaître.

 

Depuis trois décennies, on assiste au renouveau des swaré bèlè : augmentation du nombre de swaré, de pratiquant-es et d'assistant-es. 

Aujourd'hui, c'est l'espace de vie identitaire, "l'espace sacré" de l'expression bèlè (majoritairement samaritaine) :

  • le lieu de rencontre des membres de la communauté,
  • le lieu de développement de la conscience communautaire 
  • le lieu d'affirmation des références et de reconnaissance des référents
  • le lieu où se révèlent et où se partagent les connaissances et l'elan créateur de chacun et de tous
  • le lieu de la communion, où se recherchent, se rencontrent, se régulent et s'harmonisent les énergies...

 

C'est aussi un espace de "vivre ensemble" : d'abord par la durée (une nuit entière), ensuite par le fait que tous ceux qui ont une certaine compétence peuvent participer, par le fait aussi que les asistan (le public) s'associent et participent largement à la fête, par le fait aussi qu'il ne s'agit pas d'une rencontre de groupes ou d'associations, mais un lieu de rencontre de pratiquants d'horizons divers, par le fait aussi que l'entrée est libre.

 

Aujourd'hui encore, elles restent un espace de résistance économique et de solidarité (koudmen). 

 

Ceci dit, le renouveau des swaré est confronté à certaines problématiques : 

  • celle de la cohabitation de plusieurs approches
  • celle du nombre restreint de kavalié
  • celle de l'espace et du temps de danse
  • celle de la prise en compte des nouvelles technologies.

Celles-ci sont plus longuement abordées dans le livre "Traditions DKB de Martinique - Tome 2". Elles font également l'objet de discussions au sein de Lakòdinasion Lawonn Bèlè.

Le moman bèlè

Apparu depuis une dizaine d'années, le moman bèlè est un espace très proche de la swaré. Il répond aux mêmes critères et préoccupations. Il s'en distingue par le fait qu'il a une durée plus limitée et qu'il peut se dérouler à n'importe quel moment de la journée. 

 

Certains moman sont conçus pour l'expression des pratiquant-es an chimen : les moman bèlè dèyè won.