Siméline RANGON

"Man Ciméline", " La Simé " , est née au quartier Reculée de Sainte-Marie en janvier 1924 de Yvette et Henri VILCOQ. Elle est âgée aujourd'hui de 72 ans. Elle chante et danse le Bèlè du nord ­atlantique. Elle pratique aussi les autres expres sions, "chanté danse Lalin klè" de la région.

 

Elle a un fils, Théophane dit "Man", qui danse lui aussi le Bèlè.
Elle s'est mariée, à l'âge de 22 ans, avec Joseph RANGON (lui-même âgé, de 24 ans) dont elle partage l'existence depuis cinquante ans maintenant.

 

Elle a travaillé très dur toute sa vie. D'abord dans les 'Ti bann" dès l'âge de 14 ans. Puis comme ouvrière agricole (''raché bwa", "fè tach " , "maré pH kann", "raché manyok"). Enfin en faisant des lessives.

Femme au franc-parler célèbre, représentante émérite de la richesse et du fonctionnement de notre langue créole, elle est aussi femme de gentillesse, peut-être trop timide pour qu'on en parle davantage.

La vie de Man Ciméline est inséparable du Bèlè. Et comme le Bèlè, elle a du affronter le mépris raciste, le mépris social et la tentative de destruction de l'identité martiniquaise.

 

Elle est née et a grandi dans le milieu du Bèlè. D'ailleurs sa mère possédait et animait "an kay bèlè".
Malgré les réticences de sa mère au début, et bénéficiant du soutien de certaines Anciennes comme Manzè Adèle, elle a commencé à danser dès l'âge de 13 ans. Et, depuis, n'a jamais arrêté.

Elle-même, prenant la relève de sa mère, a eu deux ''kay bèlè". La seconde, construite avec l'aide de Ti Emile, est restée en activité jusqu'en 1963. C'était l'époque ou Danmyé-Kalennda-Bèlè et tambour étaient considérés comme "bagay vyé nèg", "bagay djendjen".

 

 

 

Consulter le grand livre des musiciens créoles, tome 1, Sully Cally, p 205.

Peut être écoutée sur les disques “Floklore de campagne recueilli par Anca Bertrand”, “Chants de Bel-Ai”r (production AGEM), et sur le CD de Belalians.