Vincent CHEVIGNAC

Lonnè-respé ba Misié Vincent CHEVIGNAC

 

               Nous avons appris avec beaucoup de tristesse le décès, dimanche 7 juin 2015, à l’âge de 92 ans, de Vincent Venceslas CHEVIGNAC, kontè et koumandè bèlè de la région samaritaine.

               Vincent CHEVIGNAC est né le 23 novembre 1923 au quartier Bezaudin à Sainte-Marie. Ouvrier agricole et aussi ouvrier à l’usine d’ananas, il  a travaillé longtemps sur l’habitation Limbé. Il était aussi agriculteur et entretenait régulièrement son Jaden. Depuis 1958, il partageait sa vie avec Lucile dite Solor, son épouse.

               Jeune, il a été danseur de bèlè. Mais, très vite, il s’est distingué comme koumandè bèlè, dont il a appris l’art et la fonction auprès de François CASERUS (dit Gwo Viktò), frère de Dulténor CASERUS (dit Koki) et de Madame Saint-Ange, et donc oncle de Ti Emile et de Félix CASERUS.

A ce titre, il a connu et accompagné la plupart des grandes figures de la musique et de la danse bèlè de la région samaritaine. Il était un des maillons appréciés de Lézalié, ce grand réseau informel de solidarité du monde bèlè.

Combattant de danmyé, Il a vu et fréquenté également les majò légendaires de la région.

Il a eu l’occasion d’exercer, une dernière fois, ses talents de koumandè bèlè, pour le plus grand plaisir et l’éducation des nouvelles générations, à l’occasion de l’hommage à Ti Emile organisé par le fils de celui-ci, Jean-Michel, en 2007, au Centre culturel de Fonds Saint Jacques (il officiera pendant les trois entraînements répartis entre le Centre culturel Jean-Marie Serreau de Dillon et la Maison  du bèlè, puis lors de la manifestation proprement dite à Fonds Saint Jacques).  

               L’autre domaine dans lequel a excellé Vincent CHEVIGNAC, c’est le conte. Il a été de presque toutes les veillées mortuaires de la région, recherché pour ses connaissances, son habileté, ses grands talents de kontè.

               Vincent CHEVIGNAC est parti. Il nous reste de lui des élément de son art à travers des images de ses interventions de 2007, son témoignage dans le livre « La ronde des derniers maîtres du bèlè » écrit par Jean-Marc TERRINE, des notes d’entretiens particuliers avec certains d’entre nous, des souvenirs de tous ceux qui l’ont côtoyé, et surtout l’image d’un être racine, maître dans la pawol du pays,  homme fait à la fois de fermeté et d’amabilité, et animé d’une formidable force de vie.

 

               Bon vwayaj, Misié Vensan !  Mèsi anpil !

 

 

                                                                                                                      Martinique, le 8 juin 2015

                                                                                                                      Coordination Lawonn bèlè