Anasthase Fernand MAROLANY dit FEFE

 

 

        Il est né à Bezaudin à Sainte-Marie en 1915 et est décédé en août 1997. Il a exercé le métier d’ouvrier agricole.

Féfé MAROLANY était un « Met tanbou », le « Papa tanbou » de la région samaritaine. Entre les deux guerres et jusqu’aux années 1960/1970, à la suite et aux côtés de Générius MARIE-SAINTE dit GALFETE, « Let mizik kalennda » et de Jean ANNETTE, « Met mizik danmyé », il fut reconnu par tous, y compris par ces musiciens qui le précédèrent, comme le maître de la musique bèlè. Sa musique a influencé, directement et indirectement, plusieurs générations de tanbouyé samaritains. Avec la diffusion du kalennda-bèlè samaritain, elle a influencé des tanbouyé originaires de toutes les régions de la Martinique (…)

Féfé était respecté et aimé, d’abord pour son talent (cette capacité à faire « chanter » le tambour et à vous donner cette envie irrésistible de danser ou de combattre), ensuite pour son « manniè viv » marqué par l’esprit de dignité et de responsabilité, le respect et la gentillesse (« I té jantiy, i pa té ka djè palé, i té bien épi tout moun mé i té ni moun-li »). Féfé avait ses méfiances, ses croyances, et aussi son franc-parler, et il avait aussi en lui cet amour de la vie et de la musique qui lui permettait, une fois assis sur son tambour, de rassembler l’Energie, de la canaliser et de nous la renvoyer afin de nous rendre heureux.

Féfé a beaucoup observé le célèbre Jean ANNETTE (« sé li man gadé ») et a développé son art au contact de la plupart des grandes figures du danmyé-kalennda-bèlè samaritain : Stéphane SEBAREC, Clémence BONIFACE, GALFETE, Dulténor CASERUS, Ti Emile CASERUS, Ti Raoul GRIVALLIERS, Ciméline RANGON, Carmélite RASTOCLE, Man SAINT-ANGE … et bien d’autres. (…)

Sa musique, gravée sur le CD « Ti Emile et son groupe de Sainte-Marie of Martinique » de 1970, sur le CD de l’AGEM de 1962 et sur les enregistrements réalisés par Franck HUBERT en 1961, est un concentré, un classique des techniques et de « lespri » du danmyé-kalennda-bèlè. Tous les jeunes tanbouyé devraient l’étudier sérieusement. Les souvenirs encore vivaces de son jeu (certains, trop peu d’ailleurs, fixés sur des films : émission Sélect Tango réalisée par Géraud AMBROISINE, vidéo de la swaré bèlè de 1992 de Félix CASERUS publiée par Sully CALLY), ses explications et ses conseils (recueillis par plusieurs militants), ses influences (présentes chez nombre de tanbouyé), et on pourrait même dire son histoire/légende sont à préserver sérieusement, à étudier et faire connaître. (…)

Extrait du bulletin de liaison de l’AM4 de septembre 1997

 

 

(…) Le jeune Fernand dit Féfé, écoute avec autant d’émerveillement que d’attention les rythmes qui s’enchaînent, et s’emploie à les reproduire sur des boîtes ou tout objet sonnant creux. Disposant ensuite de son propre tambour, il ne se contente pas de devenir un habile tanbouyé, Féfé développe des sonorités nouvelles et très personnelles. Ainsi crée t-il son propre style (…)

 

Extrait du Grand livre des musiciens créoles, T 1, Sully Cally, 1996