Swaré Kalennda Bèlè

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Dans la société traditionnelle, elles étaient l'espace de vie privilégié sinon unique du kalennda-bèlè. En ce temps-là, on parlait de won bélé. Elles avaient un intérêt culturel mais aussi économique. Elles étaient sur le point de disparaître car les groupes folklodoudouistes réduisaient la pratique culturelle à la réalisation de spectacles sur podium.
Depuis douze ans, on assiste une renaissance et une multiplication des soirées. Cet espace de vie démontre toute sa vitalité et toute ses possibilités pour notre époque.

C'est l'espace convivial par excellence d'abord par la durée (une nuit entière), ensuite par le fait que tous ceux qui ont une certaine compétence peuvent participer (soit en chantant, soit en répondant, en jouant de la musique ou en dansant), par le fait aussi que le “public” s'associe largement à la fête, par le fait aussi qu'il ne s'agit pas d'une rencontre de groupes ou d'associations, mais un lieu de rencontre de pratiquants d'horizons divers, par le fait aussi que l'entrée est à portée de tous.

Dans les soirées peuvent se révéler et s'échanger les techniques, se réaliser une certaine formation, se transmettre des connaissances.

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Fèmen la wonn

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Cet espace de vie a été systématisé et se développe depuis une dizaine d'années. En fait, Il s'agit d'une reprise à un niveau supérieur, d'expériences traditionnelles (soirées bèlè, pratiques plus ou moins spontanées lors des fêtes patronales, du carnaval, de moments de liberté ...).

Ce sont des animations qui, afin de préserver le caractère convivial et vivant de notre culture, ne se déroulent pas sur podium mais dans une salle ou en plein air, à même le sol, avec la disposition des assistants en cercle autour des pratiquants (elles restent ouvertes à tout assistant ayant, bien sur, un minimum de compétences) et ont déjà démontré leurs capacités à favoriser une plus grande communion avec les assistants et leur plus large participation.

Elles se déroulent souvent dans le cadre des fêtes patronales ou populaires, ou lors de semaine, quinzaine culturelles, festivals, ou à l'occasion de manifestations spéciales organisées par des organismes ou associations ...
Elles peuvent, selon les circonstances, étre gratuites (animation durant le carnaval par exemple) ou donner lieu à des contrats avec les municipalités ou organismes.

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Bamboula

source : extraits de la brochure Kalennda-Bèlè de Juillet 1992

 

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Apparu en 1989, il y en a eu deux à ce jour.
Historiquement, le mot banboula désigne, à l'origine, un tambour. Puis, il va désigner des rassemblements d'esclaves autorisés par les maîtres et l'Eglise, le plus souvent le dimanche après-midi, pour pratiquer les danses autres que les kalennda (car jugées moins dangereuses et moins “déshonnêtes”). Notons cependant qu'il n'était pas rare que ces banboula “dégénèrent” car les esclaves y introduisaient leurs kalennda.

Aujourd'hui, le mot est repris pour désigner des rassemblements de pratiquants ou de konvwa de pratiquants qui se soumettent à une évaluation publique de leurs compétences (en domaine d'apprentissage ou de création, selon le type de banboula) et qui sont récompensés pour leurs performances ou leurs efforts.

Les banboula prennent des allures de festival car il y a un grand rassemblement de danseurs, une grande variété de danses et “sé o pli bèl dièz”. Elles peuvent revêtir parfois des allures de tournoi, car il y a un classement et des récompenses.
Mais la grande affaire de la banboula, c'est l'évaluation.

L'évaluation, en kalennda-bèlè, n'est pas une chose nouvelle. Dans la société traditionnelle, elle reposait sur l'autorité de l'Ancien mais à une échelle plus réduite (la famille, le quartier, plus tard le groupe). On connaît aussi la pratique du “rimèt boutché” dans le sud au cours de laquelle la communauté toute entière (pratiquants et assistants) consacrait la reine et le roi bèlè de la soirée.

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Rimet boutjé

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On connaît la pratique du “rimèt boutché” dans le sud au cours de laquelle la communauté toute entière (pratiquants et assistants) consacrait la reine et le roi bèlè de la soirée.
C'est un espace comparable à celui de la bamboula. Cependant, il ne s'adresse pas à tous les danseurs mais aux pratiquants (de niveau 2) des écoles kalennda-bèlè. Apparu en juillet 1996, il a donné lieu, à ce jour, à trois éditions.

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Spectacle

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C'est un espace de vie qui a été occupé il y a une trentaine d'années avec la création des groupes folkloriques.
Aujourd'hui, nécessairement, le spectacle apparait comme une des formes d'existence et un moyen de diffusion du kalennda-bèlè. Il permet de le faire connaître à ceux qui ne fréquentent pas les espaces de vie conviviaux et spécifiques (soirées kalennda-bèlè, animations fèmen la wonn, banboula...). II donne l'occasion au kalennda-bèlè d'occuper, comme d'autres éléments culturels, des lieux très fréquentés, populaires et valorisés. Enfin, le spectacle est un stimulant pour le développement des créations.

Cependant, on ne doit pas oublier que les spectacles ont été et sont toujours le domaine privilégié, l'axe essentiel de l'activité des groupes folklodoudouistes. Ces derniers ont largement diffusé letir conception et leur modèle du spectacle ainsi que leurs symboles (tenue dite “traditionnelle”, “kalennda” dite “des esclaves”, spectacle-type ...) enfermant les spectacles dans le doudouismc ou la pr(sentation nosralgicjue du passé t les détachant dc la culture vivante.

Aussi, est-il important aujourd'hui, d'inscrire les spectacles dans une stratégie globale de renouveau du kalennda-bèlè, [...]

 

Swaré lorenzon tambou

 

source : extraits de la brochure Kalennda-Bèlè de Juillet 1992

 

 

 

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C'est un espace de vie encore embryonnaire et qu'il s'agit de construire et d'installer progressivement.

 

La mort de grandes figures du kaiennda-bèlè (Man Carmélite, Marrin Vahlet, Mona, Ti Emile ...) et les hommages spontanés ou organisés qui leur ont été rendus, mettent en relief le problème :
Que fait la communauté kalenndabèlè pour ses grandes figures déjà disparues depuis longtemps ou qui disparaissent?

 

Les hommages ne sont pas nombreux et souvent l'initiative est prise par des gens extérieurs à la communauté. Le plus souvent aussi, dans ces hommages, des louanges sont adressées à l'individu, mais on parle très peu ou mal de la culture qu'il a défendue, de la nature de son combat.

 

Il est important que la communauté kalennda-bèlè rende un hommage véritable, profond, à tous les pratiquants qui ont tin tant soit peu marqué la vie tic Outre culture. C'est un moyen de souligner la contribution qu'ils ont porté, de valoriser la culture qu'ils ont défendue, et de renforcer la solidarité au sein de la communauté.
Pour cela, les swaré lorézon tanhou peuvent se dérouler ou les soirs de veillée, ou quelques temps après (selon les choix de la famille), ou encore en mémorial pour nos classiques décédés depuis un certain temps (Galfété, Man St Ange, Man nana, Andréa ...). Des formes rituelles et cérémoniales peuvent être élaborées et contribuer à renouveler les anciennes veillées traditionnelles.

 

Les swaré lorézon tanbou doivent permettre de donner sa véritable signification culturelle à l'hommage, de faire en sorte que le combat de toute une vie ne soit pas dénaturé ou récupéré, de prolonger auprès des vivants l'oeuvre du disparu. Elles doivent permettre de préparer la poursuite de cette oeuvre (ce qui est en fait le seul véritable hommage).

 

Les swaré lorézon tanhou ne contredisent absolument pas la nécessité de soirées d'hommage du vivant de nos grandes figures. Elles peuvent être prises en charge par une structure de coordination de la communauté et doivent, évidemment, avoir um caractère éducatif et répondre au même esprit.

 

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Animation encadrement

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Il faut entendre par là l'encadrement de stages divers ou dans le cadre de stages divers, l'encadrement de groupe d'enseignants ou d'enfants dans les structures de l'éducation française, l'encadrement dans le cadre de colonies de vacances, de MJC, d'associations...

L'intérêt de cet espace de vie saute aux yeux tout de suite : il s'agit de lieux, d'activités, d'occasions très valorisants pour le kalennda-bèlè et facilitant le recul des préjugés. Ces activités favorisent une certaine éducation d'enfants, d'éducateurs, et aussi d'un futur public. Le bilan du travail déjà mené est largement positif.

Le développement de cet espace de vie nécessite, bien sur connaissances,sérieux, et rigueur pédagogique. Elle nécessite également la mise en place d'une formation “officialisée” d'animateurs en danse et en musique (bwatè, tanbouyé, lawa)

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