Les Danses

 

 

 

 

source : extraits de la conférence faite le 15 mars 1998 au Lycée de Bellevue a l'occasion du 150 ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage (Avec des éléments d'actualisation sur les danses de Basse-Pointe introduits en juillet 2007)

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Le KALENNDA-BELE est un autre domaine, bien vivant aujourd'hui, qui témoigne de la résistance culturelle des esclaves et des Afro-martiniquais .
 

D'ABORD, QUE FAUT-IL ENTENDRE PAR “KALENNDA-BELÈ” ?

Un ensemble de danses, très variées, qui apparaissent aujourd'hui comme des danses de réjouissance, au cours desquelles on aborde tous les aspects de le vie de la communauté (peines, joies, amour, lutte ...) et qu'on pratique principalement le samedi soir, dans le cadre des soirées bèlè. Passons les en revue rapidement.

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D'abord le groupe des danses bèlè. Dans l'état actuel des recherches, elles ne semblent pas avoir existé dans toute la Martinique. Trois foyers principaux sont bien connus :

  • Celui Sainte-Marie, avec un rayonnement sur les communes avoisinantes : Marigot, Lorrain, Gros-morne. Ici, quatre rythmes : Le bèlè proprement dit ou bidjin bèlè, le gran bèlè, le béliya, le marin bèlè appelé encore bouwo ou mazouka bèlè ou mazouk bèlè. Dans cette région, le bèlè se danse à huit et en formation quadrille (deux carrés emboités).
     
  • Celui de Basse-Pointe. Ici, cinq danses : bèlè, bidin bèlè, bidjin, gran bèlè, béliya. Dans cette région, le bèlè se danse en deux lignes (avec parfois deux carrés alignés), ou encore en rond pour la biguine, mais aussi en quadrille lors des « bèlè koumandè »
     
  • L'autre foyer est celui du sud (Anses-d'Arlets et Trois-Ilets principalement mais aussi le Diamant, Rivière-salée). Ici, deux rythmes : le bèlè proprement dit et le gran bèlè. On danse à huit, , mais on peut danser à deux , à quatre, à six, à dix ou douze. On danse en couple, dans une formation en cercle; et le gran bèlè, dans certaines circonstances, se danse en dispersion. Ici, pas de formation en quadrille.

Des témoignages permettent d'affirmer qu'il a existé également un foyer dans la région du Prêcheur (qui était d'ailleurs en relation régulière avec les sociétaires de la Dominique ).

 

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Les autres danses

 

 

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Mis à part les danses bèlè, il existe les kalennda, les dansé lalin klè ou/et douvanjou, et d'autres danses proches (« mes aprochan »). Les foyers sont les mêmes avec :

  • Pour la région samaritaine : la kalennda qui se danse en individuel, le mabélo en lignes, le kannigwué et le bénézwèl en lignes également, le woulé mango et le ting bang en cercle.
     
  • Pour la région de Basse-pointe : une kalennda qui se danse en individuel et une autre kalennda qui doit être encore étudiée afin d’être bien comprise, koubé, le kannigwué et le ting bang en cercle.
     
  • Pour le Sud : les kalennda, celle que l'on retrouve dans le nord-atlantique, mais aussi une autre qui se danse par couples et en nombre illimité et qui se distingue par l'empreinte très forte des gestes mayaka. Il y avait aussi le Mayoumbé, aujourd'hui disparu, danse très voisine de la seconde kalennda et qui aurait prédominé dans la région du Diamant.
     
  • Dans les mornes du Nord-Caraïbe,il faut signaler “Larivyè léza” qui est décrite par les témoins à la fois comme une pratique de malaxage de la boue qu'on projetait sur les maisons en bois tibonm en guise de « mòtié » (de la boue) lors des “Téraj kay”, et à la fois comme une danse exécutée par les hommes à l'aide de bâtons.

Parmi toutes ces danses citées, les kalennda, tout comme le danmyé, semblent avoir existé dans toutes les régions de la Martinique , sous des formes et des appellations diverses.

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