Vava GRIVALLIERS

En hommage à Vava GRIVALLIERS

 

            Avec le décès de VAVA GRIVALLIERS vendredi 01 avril 2011, la Martinique perd un des plus grands représentants de ce repère incontournable de son identité qu’est la culture danmyé-kalennda-bèlè.

Coordination Lawonn bèlè (qui regroupe seize associations, des personnalités et « Gran Ancien » du monde bèlè) salue respectueusement la mémoire de cette grande figure de notre culture et de notre identité. En juillet 2010, à l’occasion du 39e festival culturel de la Ville de Fort-de-France, et en collaboration avec le SERMAC, nous lui rendions, de son vivant, un hommage légitime dont voici quelques extraits :

 

« Mathieu Edward GRIVALLIERS dit "VAVA", est né au quartier Pérou à Sainte-Marie en 1926. (…) Vava commence à travailler dès l'âge de douze ans dans les "Ti Bann" (…) puis devient ouvrier agricole sur les habitations à Sainte-Marie et à Trinité. (…) Ensuite, installé à Fort-de-France, il fait quantité de petits boulots puis devient danseur professionnel aux Grands Ballets de la Martinique de Loulou BOISLAVILLE en 1961. Il entre comme animateur au SERMAC en mai 1977 qu'il quitte en août 1991 pour bénéficier d'une retraite bien méritée.

Il est père de six enfants.

(…) C’est son parcours de chanteur et surtout danseur de ladja, de kalennda, de bèlè qui donne son sens principal à sa vie (…). Vava a grandi dans l'entourage d'illustres figures du danmyé-kalennda-bèlè (…). Il est lui-même un GRIVALLIERS, membre d’une grande famille bien connue de la culture bèlè. Il a fréquenté et accompagné des figures non moins emblématiques de sa génération : GALFETE, Féfé MAROLANY, Ti Emile CASERUS, Ti Raoul GRIVALLIERS, Emile LAPOSTE, Dulténor CASERUS, Félix CASERUS, Man SAINT-ANGE, Ciméline RANGON, Carmélite RASTOCLE, Agnès CANNA, Man XERXES, les frères RASTOCLE ...

Après avoir largement pratiqué le ladja, la kalennda, le bèlè, mais aussi lafouytè (avec CLEMENCIN, GALFETE, DILOJ) dans sa région natale à Sainte-Marie, principalement dans les quartiers de Pérou et Bezaudin, il rencontre, après son installation à Fort-de-France, Loulou BOISLAVILLE, et entre aux Ballets Martiniquais. Il entreprend plusieurs tournées internationales avec eux et participe à la réalisation d'un disque.

Entré au SERMAC, il participe à plusieurs ballets-théâtre montés par l'atelier Traditions populaires et est une des figures centrales du voyage organisé au Sénégal en décembre 1978 lors de la Rencontre Sénégal/Martinique. Avec le chant "Kongo lévé", il joue le rôle du chanteur de danmyé dans le film d'Euzhane Palcy "La rue Cases-Nègres" (…) Il fréquente, jusqu’à un âge très avancé, malgré les difficultés, les swaré bèlè, portant ainsi sa contribution au mouvement de renouveau des musiques et danses afro-martiniquaises. Les jeunes qui s'initient au danmyé et au kalennda-bèlè, qui travaillent à leur développement le considèrent comme un membre éminent de la communauté des Anciens, une référence incontournable, source de connaissances précieuses et de conseils judicieux. »

 

            VAVA GRIVALLIERS nous quitte mais sa contribution à la préservation et au développement de la culture danmyé-kalennda-bèlè est bien vivante. Elle nourrit et irriguera pour longtemps encore le mouvement de renouveau actuel de cette culture.

 

Lonè épi respé !

 

                                                                           Pour Coordination Lawonn bèlè

                                                                           Le Coordinateur

                                                                           Daniel VALLEJO