Berthé GRIVALLIERS

L’AM4, comme l’ensemble du monde danmyé-kalennda-bèlè et la Martinique toute entière, a appris avec tristesse le décès, samedi 27 septembre 2014, de Berthé GRIVALLIERS.

Nous saluons respectueusement la mémoire d’un grand résistant culturel, acteur et pilier du monde danmyé-kalennda-bèlè, d’un membre éminent de la communauté des « Ansien », porteuse de la mémoire et de l’identité martiniquaise, d’un membre d’honneur de Coordination Lawonn bèlè.

La voix et le talent de chanteur de Berthé, sa contribution permanente au déroulement des swaré bèlè, l’esprit de rigueur et de solidarité dont il faisait preuve, son style direct, son exigence de la qualité, son combat pour le respect et la prédominance de Lespri-a (l’Energie et le Sens) ont été et resteront une source d’inspiration pour notre association.

Nous adressons nos sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Au-delà de l’hommage rendu en ces moments de deuil, efforçons nous de saisir et de prolonger l’essence même de sa contribution : persévérer dans ce « Larel » fondamental, celui de nous-mêmes, qu’il exprimait ainsi : « Bèlè sé an istwa » !

 

Le 28/09/2014

Comité Directeur de l’AM4

 

 

Pour le Comité Directeur de l’AM4

Le Président

Lucien Diamin

 


En hommage à Berthé GRIVALLIERS

 

                       

 

                        Nous avons appris avec tristesse le décès, le matin du samedi 27 septembre 2014, de Berthé GRIVALLIERS, à l’âge de 78 ans.

 

            Le monde bèlè perd un gran ansien, acteur et pilier de la culture bèlè.

Berthé , a souvent raconté comment le bèlè s’était révélé à lui : membre de la grande famille bèlè des du quartier Pérou à Sainte-Marie, il s’était désintéressé du bèlè pendant longtemps ; puis, invité à chanter lors d’une manifestation à Sainte-Marie, il a connu, presque trentenaire, « la rencontre » et est retourné chanter quelques temps après à Rivière-Pilote. Depuis, il n’a jamais quitté lé bèlè et en a porté avec fierté le flambeau durant toute son existence.

Berthé GRIVALLIERS était un lavwa (chanteur de bèlè). A ce titre, il a participé à la vie de plusieurs associations bèlè : SAPOTILLE, RACINE, SAKITANOU/WAPA, RESISTANCE, La MAISON DU BÈLÈ. Il a participé aussi à de nombreuses swaré bèlè, et à la plupart de celles organisées depuis la publication du calendrier des swaré bèlè centrales mis en place par COORDINATION LAWONN BELE à partir de 1995. Sa voix, remarquable à son timbre et à la dynamique qu’elle créait, est enregistrée sur plusieurs albums : celui produit par le groupe SAPOTILLE durant les années 1970, le volume 1 de « Les maîtres du bèlè » produits par la MAISON DU BÈLÈ en 2007, et son propre album (réalisé avec son groupe de l’époque, RESISTANCE) publié en 1999 avec le soutien de certaines associations du monde bèlè.

Berthé GRIVALLIERS a œuvré également à faire connaître le bèlè à l’extérieur de la Martinique. Avec l’association SAKITANOU/WAPA dont il a été membre durant les années 1991 et 1992, il participe à une tournée au CANADA en 1992 lors du Mondial des Cultures au Québec, au cours de laquelle il se distingue particulièrement. Avec la MAISON DU BÈLÈ, qu’il rejoint à sa création en 2003 et qui lui décerne le titre de « Maître du bèlè », il se rend en France en 2005 (festival africolor au théâtre Gérard Philippe, transmusicales de Rennes), en 2006 (tournée à Joué-les-Tours, Saint Denis, région parisienne, Rennes) et en 2007 (Marseille), en Guadeloupe et en Guyane en 2006, puis au Brésil en janvier 2008 (Festival Gingamundo a Salvador de Bahia). 

Berthé a manifesté constamment la volonté de porter sa contribution au renouveau de la culture bèlè, par sa pratique et son expérience. Ancien reconnu et respecté, il était de toutes les réunions de . Il exprimait sans détour ses réflexions, ses appréciations, sa conception positive de la vie, avec sa spontanéité et son franc parler. Il insistait sur toute l’importance à accorder au Sens (à Lespri-a), et à Fos-la que transmettait la musique bèlè. Dans ces réunions et dans les swaré, il soulignait, avec son style bien à lui, les exigences de qualité, de rigueur et de respect indispensables à l’expression et au développement du bèlè.

 

Perçu parfois de prime abord comme quelqu’un de sévère, on découvrait, en fin de compte, que Berthé était un homme ouvert, abordable et accessible, un homme prêt à donner (mais, bien sur, à qui savait écouter), un homme aussi qui se distinguait pour son sens de la famille (de la famille de sang mais aussi de la grande famille du bèlè).

 

Berthé nous a quittés. Il nous laisse en héritage son amour du bèlè, sa volonté de le préserver et de le développer, son souci du Sens et de la qualité et un répertoire (Doudou manova, Erimé…) dont les nouvelles générations s’inspirent déjà largement. .

A nous de nous montrer digne de cet héritage.

 

Mèsi, Misié Berthé, é bon vwayaj !

 

 

 

 

Martinique, le 28/09/2014

Coordination Lawonn bèlè