Alain PALIN

 

EN HOMMAGE A ALAIN PALIN

 

 

 

Le 14 février, tôt le matin, à l’heure où se lève l’énergie du monde, le danmiétè Alain PALIN s’en est allé, après avoir lutté courageusement contre la maladie déclarée en 2004.

 

Bien connu des habitants de la Pointe de Jaham, reconnu dans le monde danmié, apprécié par sa famille, ses camarades et ses collègues de travail, Alain PALIN est un exemple parmi les plus positifs de ce que notre peuple peut engendrer.

 

Alain est né le 10 septembre 1955. Il était du quartier Sainte-Thérèse à Fort-de-France. Il était ouvrier maçon et père de trois enfants. Il a intégré notre association en 1988 et, en son sein, a consacré l’essentiel de son énergie à la réorganisation et au développement du danmié.

 

Alain aimait le danmié. Il avait développé une relation particulière avec AVIDE Siméon, « Misié AVID », « le lion imbattable » qui a inspiré profondément son style, bien identifiable. C’était un combattant, toujours prêt à se mobiliser pour faire et montrer « du beau danmié ». C’était aussi un des djoubaka (entraîneur en danmié) les plus actifs, le responsable de l’école de danmié AM4 du Sud (basée à Rivière-Pilote) et le suppléant efficace dans les écoles AM4 bòkannal et Jenn manmay. Il avait adhéré à l’essence même du danmié : « an manniè viv » c'est-à-dire une spiritualité, un chemin de vie organisés autour de certaines valeurs fondamentales.

 

Cette approche du danmié était en parfait accord avec sa ligne de vie qu’elle nourrissait et dont elle se nourrissait. Alain était empreint de spiritualité. Il était d’ailleurs croyant. Sa quête spirituelle passait par la recherche d’une plus grande sérénité, d’une véritable sagesse, et se manifestait par un souci d’ouverture, par une pratique permanente de la discussion, de l’échange avec d’autres approches. Alain ne se lassait pas d’éduquer, engagé à fond dans le double mouvement d’enseigner aux autres et d’apprendre des autres. Il apprenait, apprenait et transmettait, sans cesse. Au combat, il apprenait de tous ceux qu’il rencontrait et les considérait comme des partenaires, et il a appris beaucoup de sa maladie, son dernier adversaire qu’il a affronté résolument et avec beaucoup de dignité. De même, ses « apranti » gardent de lui le souvenir de celui qui, tout en formulant les plus grandes exigences, savait rassurer et encourager.

 

Faut-il s’étonner qu’Alain ait été aussi un homme de koudmen. Il en a fait beaucoup (se mobilisant souvent les samedis ou/et dimanches) comme le lui indiquaient son tempérament généreux et son sens profond de la solidarité, son caractère entier et son respect de la parole donnée, et également ses convictions en accord (comme dans son engagement de danmiétè) avec les valeurs de la lutte pour la cause des travailleurs et pour celle de l’identité de notre peuple. Il croyait en la force de l’Amour, était homme d’amitié, de camaraderie, de convivialité (avec le sens de la fête et de la bonne blague).

 

Alain a aimé aussi la musique. Cette musique danmié qui le transformait, avec laquelle il savait fusionner pour parvenir à mobiliser cette énergie qu’il avait en lui et celle qu’il percevait circulant autour de lui. Il lui arrivait, parfois, de chanter le danmié et avait commencé à apprendre le tambour. Et puis, Alain était également joueur de siyak.

 

Alain nous manque depuis longtemps. Il nous manquera encore plus. Nous disons « bon vwayaj » au « gran vwayajè ». Nous savons que la meilleure part de lui restera avec nous tant que nous aurons à cœur de nous appuyer sur son exemple d’engagement et sur ce « manniè viv » qu’il a tant fait vivre.

 

 

 

Fort-de-France, le 14 février 2008

 

Le Comité Directeur de l’AM4