Aimé CESAIRE

Aimé Fernand David CESAIRE

Poète et homme politique martiniquais, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. Il est l'un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu.

LONE EPI RESPE BA AIME CESAIRE !

 

Aimé CESAIRE s’en est allé … Et on se rend compte de l’IMMENSITE.

CESAIRE est immense parce que l’œuvre de sa vie est immense. D’autant plus immense qu’elle s’articule autour de trois idées simples, trois idées évidentes ou qui devraient l’être, et que le peuple martiniquais et les peuples opprimés ont bien comprises :

-Neg sé moun ! Yo pa mové pasé pèsonn, yo pa méyè pasé pèsonn ! Ils sont revêtus de l’égale dignité humaine. Et personne ne peut la leur enlever.

-Maléré sé moun ! Leur lutte pour la justice, l’égalité, la reconnaissance est une lutte pour la réalisation de notre humanité. Il faut la soutenir. Il faut y participer.

-Moun Matinik ka fè an Pep, yo ka fè an Nasion. Moun Matinik pa ni entélijan ni kouyon pasé pèsonn ! Yo kapab ! Pep Matinik kapab ! Le peuple martiniquais est capable de se prendre en charge, de prendre des décisions concernant son pays et son avenir, de gérer, selon ses choix, les ou des affaires de la Martinique. Il en est capable et il en a le droit. Lui, les autres peuples opprimés du monde, tous les peuples ont droit à l’autodétermination.

Ces idées simples, et qui devraient être évidentes, sont un coup de tonnerre dans l’atmosphère raciste et mutilatrice de l’assimilation. C’est pour cela qu’elles apparaissent, dès l’entre-deux-guerres, comme un renouvellement, une sorte de nouveau point de départ, de nouvelle base d’appui pour la conscience noire et martiniquaise. Elles prennent le relais, dans les nouvelles conditions du XXe siècle, des nombreux combats menés en Martinique et dans le monde contre le racisme et le colonialisme, pour la dignité de l’homme noir et de l’Homme tout simplement.

Au-delà de l’homme et de son parcours, des accords et désaccords qui existent ici et là, le fait est que les idées fondamentales d’identité, de dignité, de responsabilité, renouvelées et semées par Césaire, ont travaillé et travaillent la société martiniquaise. Elles ont permis et permettent à notre peuple de se dresser contre l’assimilation, cette variante « civilisatrice » du racisme qui faillit l’emporter.

Nous, gens de danmié-kalennda-bèlè, de « bagay vié neg », de « bagay djendjen », « de bagay ki ja pasé », nous nous nourrissons de ces idées. Et nous nous souvenons de l’invitation faite ainsi à TI EMILE, dans le contexte de la création du SERMAC, de venir à Fort-de-France, de son installation au Centre culturel Jean-Marie SERREAU, de la place faite à Vava GRIVALLIERS, et nous savons le rôle que cela a joué dans le renouveau de ce conservatoire de l’identité afro-martiniquaise qu’est le danmié-kalennda-bèlè.

Avant la mort, il y a des combats. Après la mort, il y en a encore. Le temps des funérailles est une trêve durant laquelle et après laquelle sincérité et tentative de récupérer l’image et d’anesthésier le message se côtoient. Le combat n’est pas fini. Nous aurons encore besoin, pendant longtemps encore, des éléments fondamentaux du message césairien de la Négritude pour débarrasser notre société et le monde du racisme, de l’injustice sociale, de l’oppression des peuples.

 

Lonè épi Respé ba Aimé CESAIRE !

 

                             A Fort-de-France, le 17 avril 2008

                             Le Comité Directeur de l’AM4

                             (Association Mi Mes Manmay Matinik)